une histoire de Qipao à perdre la face, une fois de plus.

Publié le par Sarah

une histoire de Qipao à perdre la face, une fois de plus.

Tout a commencé quand, dans un grand élan de générosité, la tante de mon futur mari a décidé de m'offrir une robe traditionnelle chinoise pour mon mariage. Elle a même insisté pour que j'en fasse faire deux, une courte pour l'êtê et une longue pour l'hiver. Ayant tenté de lui expliquer plusieurs fois que je n'avais eu que des mauvaises expériences avec ladite Qipao, qui n'est pas vraiment flatteuse pour le physique européen à base de courbes, je me suis entendu dire que les robes sur mesure ne devraient poser aucun problème.

Ha. La bonne blague.

Le premier jour, tout s'est bien passé. J'étais au paradis, quand on est entrés dans le marché aux tissus. Je naviguais allègrement entre les stands de soie, n'entendant même pas les vendeurs qui essayaient de me harponner avec leur chant nuptial , classiquement composé de "Rhallowwww Laowai" beuglés en coeur pour attirer mon attention et de Silkeuh Silkeuh, m'informant que la soie que je voyais était donc de la soie.

J'ai choisi la couleur de la soie. Enfin, choisi, la robe de mariée ici se doit d'etre rouge. Donc j'ai choisi une nuance de rouge en évitant de justesse les dragons dorés et autres motifs pompeux à la mode. Puis, pour la longue, on m'a indiqué qu'il me fallait une autre qualité de tissu, plus épais. Les petites vendeuses sortaient les rouleaux des étagères et les dépliaient devant mes yeux émerveillés.

Quand mon choix fut fait, nous sommes allés voir le couturier et avons choisi la forme des robes sur catalogue. Le couturier prend mes mesures et me dit de repasser dans une semaine pour essayer les brouillons des robes.

Et la, ca devient fun. Une semaine plus tard, j'y vais comme convenu après m'être assurée au téléphone que tout etait pret, et la PAF, il n'y a qu'une robe de prête. Bon deja ca m'enerve un peu, mais tout s'est gate quand j'ai enfilé le machin.Ca ne ressemblait pas du tout au catalogue, mais alors pas du tout au niveau du bas. Et en plus, je n'ai pas pu passer les fesses.

Comme cette fois CI, je me suis retrouvée cul nu dans le magasin dans l'incapacité d'enfiler une qipao, pourtant taillée sur mesure spécialement pour moi. Le couturier a du couper en deux la robe jusqu'au fesses pour que je puisse l'enfiler et a laché "ah bah t'as un gros cul quand même hein !"

Bref, j'étais super honteuse et en colère. On decide de changer le design du bas pour pouvoir laisser rentrer mon gros cul de Laowai. Il me dit de revenir deux jours plus tard pour essayer la courte. Je m' exécute (une heure de velo). Pas de robe. Il me dit de revenir le lendemain. Pas de robe. La 4eme fois, la robe était là mais je détestais deja tellement le mec que je n'ai pas apprécié son travail. Au moins celle là, je rentrais dedans. Apres une petite retouche des pinces (pas suffisante, il faudra que je trouve une retoucheur en France) J'ai embarqué ma précieuse robe en soie rouge.

Dix jours plus tard, je réessaye la longue. Les fesses rentrent, mais le haut ne passe plus. Je ne parviens pas à rentrer mes épaules et je me retrouve encore à me tortiller comme un vers depoilé au milieu du magasin pendant que je suffoquais dans ma robe. Cette fois le couturier a du couper la robe en deux sous l'aisselle pour que je l'enfile. A croire qu'il le fait exprès pour m'humilier dans le magasin. Bref ! Le col était juste immonde ! A la limite du col roulé, rien à voir avec la photo du catalogue. J'ai renvoyé la robe une nouvelle fois avec un nouveau design de col....

Et elle était sensé être prete il y a deux jours. Je prends l'avion dans deux jours. On va voir si le tailleur incompétent aura, en 5 semaines et trop de voyages inutiles, su me pondre une robe mettable...

Le pire dans tout ca, c'est quand la tante en question fait des commentaires essayant d'etre polie et gentille du style "ah oui vous avez vraiment un corps different de nous, vous les laowai" ou encore "ah oui, ca te fait une apparence speciale"

EDIT surprise la veille du départ : la robe est finie, et elle me va sans avoir besoin de tailler dedans ! C'est pas trop tot !

la fameuse robe bleue que l'on a du eventrer 2 fois pour que je rentre dedans....la fameuse robe bleue que l'on a du eventrer 2 fois pour que je rentre dedans....
la fameuse robe bleue que l'on a du eventrer 2 fois pour que je rentre dedans....

la fameuse robe bleue que l'on a du eventrer 2 fois pour que je rentre dedans....

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My name is Wai, Lao Wai

Publié le par Sarah

Même chez Starbucks, haut lieu de la culture pas-chinoise si il en est, où les serveurs font tout ce qu'ils peuvent pour parler en anglais, où les menus sont en anglais, etc etc.... Et ben même là, ton nom n'est pas John ou Mary ou Li ou Wang, non.

Chez starbucks, quand tu es blanc, ton nom est Wai, Lao Wai (外,老外). Etranger.

C'est pour qui le grand Americano ? Ah, ben pour l'étranger !

Une de mes copines, grande habituée du starbucks, a réussi à leur expliquer que ca ne se faisait pas. Maintenant, au lieu de mettre étranger sur son verre ils mettent une étoile. Heureusement qu'elle n'est pas jaune et cousue sur sa veste hein....

My name is Wai, Lao Wai
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rythme infernal

Publié le par Sarah

7h20. J'enfourche mon vélo bleu rouillé acheté il y a quatre ans au supermarché du coin pour 30 euros, sac à dos bien rempli et vêtement de pluie de rigueur. La saison humide a commencé, et comme tous les matins, je joins les hordes de cyclistes waterproof en me couvrant de ma bache en plastique bordeaux.

Esquivant les petits malins qui roulent à contresens, les bus qui roulent dans les pistes cyclables, les vendeurs à la sauvette et les vieux qui descendent du bus sans regarder, je fais mon chemin vers l'hôpital.

7h30, je m'arrête devant le stand ambulant qui vent des rouleaux de riz et des raviolis vapeurs le matin, au coin de la rue, au milieu des voitures et des passants. Comme tous les matins je commande en chinois et comme tous les matins, le vieux édenté est mort de rire. Je repars aussi vite avec mon 饭团 et mon verre de lait de soja.

7h40, j'arrive à l'hôpital, je gare mon velo et courre dans les escaliers. Je trouve un coin pour avaler une bouchée de riz, debout, en me faisant pousser par les patients pressés de monter les étages. Pas le temps de manger plus, je dois trouver une chaise libre dans l'immense sale d'attente aussi bruyante et grouillante qu'un hall d'aeroport pour poser mon sac et vite fait enfiler ma blouse.

7h45, je rentre dans la sale de consultation. Le docteur Shen, grand ponte de gastrologie, a déjà expédié 9 patients. Je cours dans tout l'étage pour trouver un tabouret libre, le traine jusque dans la salle et commence à copier frénétiquement tout ce que les patients disent.

Bien entendu, le vacarme de la salle d'attente et des annonces au haut-parleur appelant les patients dont le tour est arrivé à se rendre en salle est renforcé par celui des conversations des patients qui font la queue dans la salle, des vieilles qui beuglent dans leur telephone (ben oui, l'interlocuteur est loin, il faut parler tres fort pour qu'il entende, c'est logique), et des dames qui s'insultent en s'accusant de vouloir doubler tout le monde.

Le patient docteur Shen ausculte une dame qui souffre de renvois acides, tout en dictant une formule à son assistante qui tape tout sur l'ordinateur, tout en répondant à une autre personne dont l'echographie vient de révéler des calculs biliaires et qui demande si elle peut manger des oeufs. Au milieu de tout ca, le professeur Shen me demande de prendre le pouls du patient et m'interroge. Bien évidemment, je me plante.

Il me faut utiliser toute ma concentration pour entendre et comprendre ce qui se passe, filtrer les informations nécessaires au milieu d'un brouhaha surréaliste. Je tente tant bien que mal de photographier les prescriptions qui defilent sous mes yeux à la vitesse de la lumière. Je n'ai pas le temps de les comprendre.

9h05. J'ai le vertige, l'estomac qui gargouille, les genoux qui grincent, et très peu d'espoir en réserve de devenir un bon praticien de médecine chinoise un jour. Je copie de maniere automatique, je cours après les patients pour photographier leur prescription, je réponds aux questions du prof (à coté de la plaque, souvent). J;ai des palpitations et je creve de faim mais je n'ai pas le temps de prendre une pause.

10h30, 45 patients de passés, il en reste encore 38 dans la queue. Un étudiant prend la tension d'un homme qui présente des vertiges. Soudainement, tous les autres patients présents dans la salle se précipitent vers le malheureux apprenti pour connaitre leur tension : c'est l'attraction de la matinée.

Le vieux Shen se prepare à prescrire des plantes pour un jeune qui se plaint de diarrhées pendant qu'une curieuse se penche au dessus de mon épaule pour regarder les photos de sa coloscopie. Sa fille la tire par la manche en lui disant que ce n'est pas poli de regarder à l'intérieur du trou de balle du voisin (nan mais sans dec).

11h15 J'ai tellement faim et mal aux fesses sur mon tabouret que je n'ai même plus la force de recopier quoi que ce soit. Je regarde dans le vide et le vieux Shen s'active. Il me piège encore une ou deux fois. Parfois il m'a meme pas le temps d'ecouter la réponse que je donne à ses questions, car monsieur truc n'a pas compris si il devait prendre sa pilule avant ou après le repas et se sent obligé d'hurler dans la salle. Ici, c'est comme sur la route. Priorité à celui qui fera le plus de bruit.

12h00. Il reste encore au moins 20 patients mais le vieux Shen a pitié de moi et me dit de partir manger. Je rentre chez moi sous la pluie en mangeant mon petit dejeuner froid. Mes palpitations reprennent de plus belle et mon esprit ne parvient pas à se calmer.

Et maintenant, attaquons l'après midi.

Que celui qui me dira que son environnement de travail est stressant vienne faire un tour dans un hopital chinois voir si j'y suis.

rythme infernal

Publié dans médecine chinoise

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Première matinée d'hopital

Publié le par Sarah

17000. Le nombre de patients par jour en consultation. C'est la moyenne du premier hôpital de médecine chinoise de la province du Jiangsu où je fais mon internat.

1200. C'est le nombre d'étudiants/internes.

70. Ca, c'est le nombre de patients en moyenne qu'un médecin voit en une matinée, soit 4 heures de travail.

3. Le nombre de fois où je me suis perdue, au troisième étage en cherchant le service endocrinologie.

5. Le nombre de patients qui ont pris ma photo ce matin, discretos, iphone sous l'aisselle comme ca, ni vu ni connu.

1. Tape sur la main que ma prof a collée à une patiente pour avoir marché sur les pieds de tout le monde (y compris les miens), s'être presque assise sur ma tête (j'occupais un tabouret qui visiblement entravait son chemin de la porte au bureau, où elle n'avait rien à faire puisqu'il y avait encore 5 personnes avant elle) et avoir fouillé dans les dossiers des autres patients posés sur le bureau en cherchant à mettre le sien au dessus de la pile.

25. Patients qui attendent debout agglutinés autour du bureau comme des mouches autour d'une bouse, regardant par dessus l'épaule des autres. Histoire de faire passer le temps et de voir les constantes sanguine à jeun du parfait inconnu qui est en train d'être ausculté.

0. Patient venant seul chez le médecin. Ici c'est une affaire de famille, les vieux amènent leurs enfants, les jeunes leurs parents. Oui, une femme de 27 ans avec des règles irrégulières vient avec sa mère, et attention, c'est la mère qui raconte au médecin quel est le problème. Et oui, un homme de 34 vient aussi avec sa mère, dévastée d'apprendre qu'elle ne peut plus lui cuisiner des langoustines, même pas une petite de rien du tout. Comme si ce n'était pas suffisamment la foire dans la salle de consultation, on double le nombre de gugus déchaînes.

3. le nombre de litres de café qu'il va me falloir pour passer l'après midi.

Première matinée d'hopital

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